Photo published for Tras un año de retraso Haití finalmente realizó comicios electorales


Après des mois de retard, dimanche, les haïtiens se sont finalement rendus aux urnes dans une atmosphère calme, mais au milieu de scènes de dévastation dans certaines parties du pays, dans l'espoir de ramener Haïti à l'ordre constitutionnel après plus d'un an de crise politique, et un gouvernement provisoire.


Malgré les prédictions d'instabilité, les élections présidentielles et législatives de dimanche se sont déroulées de façon étonnante très douce, mais pas sans quelques incidents. Le porte-parole de la Police nationale d'Haïti, Gary Desrosiers, lors d'une conférence de presse, confirme que 43 personnes ont été arrêtées le jour des élections, dont 7 pour possession d'armes à feu, 3 pour fusillades, 4 pour fraude électorale et perturbation des centres de vote. Beaucoup ont également été arrêtés pour avoir tenté de brûler un centre de vote dans la ville de Port Margot. Quatre véhicules, deux fusils et un pistol 9mm ont également été confisqués par la PNH.

Quelque 13 000 policiers haïtiens et 4.900 casques bleus de l'ONU ont été déployés dans tout le pays pendant les élections.

Plus de 5.000 personnes dans la ville de Jeremie seule, la ville la plus durement touchée par l'ouragan Matthew en octobre dernier, ne pouvaient pas voter. Le président du Conseil Electoral Provisoire (CEP), Leopold Berlanger, a déclaré que ces personnes n'étaient pas en mesure de voter en raison des inondations qui ont bloqué l'accès à la zone. "Nous avons essayé d'envoyer le matériel électoral à ces centres par hélicoptère, mais le temps ne nous a pas permis de les atteindre." Ajoute Berlanger. Le chef du CEP a également abordé les rapports de nombreux électeurs qui n'étaient pas en mesure de trouver leur nom sur la liste des électeurs, en raison de listes de vote envoyées dans les mauvais centres. On ne sait pas encore à quel point le problème était général.

Mais dans l'ensemble, Léopold Berlanger était très satisfait. «C'était un jour réussi», «Un jour qui s'est déroulé dans le calme, la sérénité ... et, en général, ce jour s'est déroulé sans violence». A ajouté le président du Conseil électoral provisoire. Un point de vue partagé par la mission de 130 d'observateurs électoraux de l'OEA, qui a également conclu que la journée a été un succès. "Nous avons vu, en termes généraux, une journée paisible, très peu d'incidents mineurs", a déclaré Gerardo de Icaza, directeur du Secrétariat de la coopération et de l'observation de l'Organisation des États américains.           


Les officiels comptent maintenant les votes émis hier et le processus devrait prendre au moins une semaine. Tout le monde attend avec impatience qui, parmi les 27 candidats à la présidence, 16 pour  sénateurs et 25 pour députés seront les gagnants. À moins que l'un des candidats à la présidentielle reçoive au moins 50% des voix, une épreuve est prévue pour le 29 janvier entre les deux premiers candidats.

L'élection présidentielle de dimanche a été historique pour Haïti. C'est le renversement d'une élection présidentielle tenue en octobre 2015, mais a été massivement rejeté par une grande majorité d'Haïtiens après que les résultats publiés aient montré que Jovenel Moise, le candidat cueilli à la main du président au pouvoir, Michel Martelly, est arrivé en première position avec quelques soit 32,8% des voix. Des mois de protestations massives accusant le président d'un «coup d'état électoral» avec la complicité de la communauté internationale qui avait financé l'élection couteuse de 100 millions de dollars, ont obligé Michel Martelly à quitter son mandat constitutionnel de 5 ans terminé le 7 février 2016 sans un successeur élu. Une semaine plus tard, un président par intérim a été choisi par le Parlement avec un mandat de 120 jours non renouvelable pour terminer le processus.

Sous la pression de la demande des masses et du refus du second candidat à la présidence, Jude Celestin, qui a refusé de participer à une «farce électorale», le gouvernement intérimaire a mis en place une commission indépendante de vérification électorale qui a suggéré que les résultats soient rejetés et recommencer.


La communauté internationale qui avait financé l'élection avait rejeté la décision du gouvernement haïtien d'une commission de vérification ainsi que sa dernière recommandation. En guise de protestation, ils ont retiré leurs fonds et observateurs, les États-Unis avait même demander à Haïti le retour de quelques 5 millions de dollars qui ont été laissés sur les fonds électoraux en signe de protestation. Maintenant, la pression était sur le gouvernement haïtien pour trouver quelque 55 millions de dollars et financé une nouvelle élection.


Les haïtiens avaient très raison de se méfier des résultats de l'élection présidentielle de 2016, comme il serait plus tard révélé dans les courriels publiés de la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton, que Michel Martelly aux élections présidentielles de 2010 était venu en troisième place, mais sous la pression de l'OEA et du Département d'Etat des Etats-Unis, Hillary Clinton se rendant personnellement en Haïti pour exhorter alors le président René Préval à modifier les résultats afin de montré, Michel Martelly, le candidat favorable aux affaires et soutenu par les Etats-Unis, en première position.


Quelle déclaration! Et quel accomplissement historique! Une élection bien plus organisée, financée par Haïti, après des décennies d'élections démocratiques bâclées et manipulées en Haïti par des acteurs internationaux mal intentionnés avec leurs complices haïtiennes.


Les fonctionnaires exhortent maintenant la population à rester calme pendant que les bulletins de vote sont comptés. Seul le Conseil électoral provisoire a le pouvoir de fournir des résultats, a rappelé le chef du corps électoral.