Les représentants des pays amis d'Haïti ont exprimé mercredi, lors d'une réunion du conseil de sécurité de l'ONU, leur préoccupations sur la réduction des troupes de la Minustah. 

Les représentants du Canada, du Brésil, de l'Equateur et du Guatemala ont fait valoir qu'une réduction viable des effectifs exige une bonne prise en compte de la situation et de la capacité de l'État haïtien à assurer la sécurité de sa population. La décision des États ne devrait pas compromettre les acquis engrangés depuis 2010, ont-il precisé. 

S'exprimant au nom de la Communauté des États d'Amérique latine et des Caraïbes (CELAC), le représentant de l' Équateur, Xavier Lasso Mendoza, a indiqué que a CELAC est opposée à toute réduction arbitraire du budget de la MINUSTAH qui ne soit pas justifiée sur le plan technique. Nous réitérons la nécessité de doter la MINUSTAH de ressources nécessaires, a-t-il insisté, notamment afin de fournir un soutien technique, logistique et en matière de sécurité pendant le processus électoral. 

Les pays de la CELAC sont les plus gros fournisseurs de personnel militaire et de police à la MINUSTAH. 

Dans son intervention l'ambassadeur du Canada, Conrad Lamont Sheck, s'est inquiété que le projet de budget propose de limiter les effectifs militaires à 2 370, contre 13 000 à son plus haut niveau, et les effectifs de police à 2 600. " Nos délégations demeurent convaincues que, pour réduire progressivement les effectifs de l'ONU en Haïti, il faut continuer à prendre en compte la situation sur le terrain et la capacité de l'État haïtien à assurer la sécurité de sa population ", a plaidé le représentant. 

Pour le représentant du Brésil, Sérgio Rodrigues Dos Santos, un retrait viable de l'ONU en Haïti dépend d'un transfert adéquat des responsabilités entre les équipes de paix des Nations Unies et les autorités nationales. Face au retrait progressif de l'ONU, il a mis en garde contre la persistance de problèmes délicats qui risquent d'influencer de façon négative la situation sécuritaire et menacer les acquis engrangés depuis 2010. Le processus de réduction des effectifs doit correspondre aux réalités, y compris la situation économique et sociale, a-t-il insisté. 

Le représentant du Guatemala, Omar Castañeda Solares, a fait valoir qu'en dépit des progrès réalisés par la Police nationale haïtienne, celle-ci n'avait pas encore les ressources suffisantes pour prendre en charge complètement la sécurité, en particulier pendant les élections. Il a demandé de tenir compte des requêtes du Président d'Haïti à cet égard.