Le représentant du gouvernement suisse en Haïti Jean Luc Virchaux, dans un asseoir avec un magazine suisse pour parler de son travail en Haïti et de la crise post-électorale actuelle entre autres questions brûlantes, a eu certaines critiques lourd pour l'implication 
de la communauté internationale dans le pays. En particulier, la mission de l'ONU connu sous le nom de la MINUSTAH.



Pendant l'interview, le journaliste a demandé à l'ambassadeur: Quelle est votre opinion sur la présence des Nations Unies en Haïti? Peut-on parler de l'occupation? à laquelle l'ambassadeur a répondu.

«Haïti est un pays indépendant, pas un pays occupé. Il a accepté de fait une puissance annexe pour régler certains problèmes qu’il ne parvenait pas à régler seul. La présence de la MINUSTAH (Mission des nations unies pour la stabilisation en Haïti) interroge sur la capacité d’occupation des espaces de responsabilité par les leaders politiques haïtiens. En plus d’une décennie de présence en Haïti, les Nations unies y ont déjà investi quelques 8,5 milliards de dollars. Mais pour quels résultats ? La question est difficile à poser pour les Nations unies qui viennent de renouveler le mandat de la MINUSTAH pour un an. L’ensemble des leaders politiques haïtiens doit s’interroger sur l’acceptation d’une puissance comme celle-ci. Cette situation ne va pas dans le sens de la responsabilisation des acteurs haïtiens. La communauté internationale a largement financé le processus électoral en cours. La formule consacrée « ce n’est pas de ma faute » que l’on entend ici ne tient pas. Haïti ne peut pas faire l’économie d’un travail d’introspection pour sortir de cette logique. Chacun doit être partie prenante, acteur de sa société, que ce soit en tant que responsable politique, en tant que paysan ou en tant que ménagère. "



L'ambassadeur a poursuivi en expliquant l'échec de la communauté internationale en Haïti, depuis l'installation de la MINUSTAH il ya 12 années, dans le contexte de cette crise politique actuelle que le pays est confronté.

"Le mandat de la MINUSTAH a été reconduit pour une année supplémentaire, mais sur la base de quel bilan ? Après dix ans de présence et 8, 5 milliards investis pour la stabilité, la paix et le fonctionnement global des institutions, on peut s’interroger sur le résultat obtenu. Le processus électoral en cours a été financé à plus de 75 % par la communauté internationale, or la souveraineté d’un pays est d’abord liée à ses ressources économiques. Pourtant, Haïti reste un cas d’école de l’échec de l’aide. Par ailleurs, la communauté internationale n’a pas posé comme exigence quelconque révision de la Constitution pour permettre un fonctionnement plus souple des institutions démocratiques, mieux adapté à la capacité de financement interne et à l’autonomie du pays. La finalité pour la communauté internationale est simplement d’avoir des élections pour se convaincre d’aller dans le sens de la démocratie qu’on prétend universaliste. Nous devons nous interroger là-dessus et chercher à mener un dialogue politique pour amener les autorités et les élites à prendre leurs responsabilités. Il faut pour cela sortir des logiques de drapeaux et favoriser le dialogue entre les bailleurs de l’aide internationale."